Amour, couple.
Amour - couple - l'état amoureux.
Comment
définir l'état amoureux ?
Existe-t-il
un « archétype », un modèle commun à tous les hommes
de l'amour idéal, celui qui nous rendrait parfaitement
heureux (si, toutefois, nous étions nous-mêmes parfaits pour
la personne qui nous convient) ? Car il est là le problème :
nous espérons quelqu'un que l'on aime et qui nous aime durablement,
mais, nous-même, nous pouvons être à l'origine de la destruction
de notre relation.
On
parle souvent d'homme ou de femme de sa vie, supposant ainsi que
cette personne nous correspondrait en tous points et avec qui nous
n'aurions jamais de conflit. Cette idée montre la part de
narcissisme qui est en chacun de nous. Si l'on réfléchi, seul,
il nous arrive aussi de ne pas nous supporter : nous ressentons
à certains moments des malaises que nous ne nous expliquons pas, des
impressions de ne pas être comme nous le souhaiterions, la mauvaise
humeur nous gagne parfois. Alors, aurions nous face à nous la
femme ou l'homme de notre vie, qu'à certains moments nous
en douterions, comme elle ou lui douterait que nous le soyons pour
elle ou lui.
Le
modèle auquel on pourrait penser est celui qui s'exprimerait en nous
en dehors de toute influence. Celui qui apparaît en nous la toute
première fois : souvent, c'est l'image que l'on se fait de
l'amour qu'éprouvent nos parents l'un pour l'autre – lorsque cela
est possible - C'est aussi, ce que les contes nous inspirent
(princesse et prince charmant). Faut-il pour autant renoncer à
cet idéal ?
Notre société évolue, de nouveaux
mode de vie concurrencent ceux qui prévalaient hier. Ainsi, l'idéal
amoureux d'un couple « pour la vie », est reconsidéré à
l'examen des ruptures, des divorces et d'une prolongation de la durée
de l'adolescence chez des jeunes gens qui ne souhaitent pas fonder
une famille et conserver leur « liberté ».
Mais
aujourd'hui, plus qu'hier, ces images sont détruites par
la communication. Internet, la télévision et le
téléphone portable mettent l'enfant et l'adolescent face à des
modes de vie et de pensée où la mode joue un rôle très important
compte tenu que le jeune a à la fois, un fort besoin de se sentir
intégré à sa société et un besoin de se distinguer.
Malheureusement, la banalisation de certains discours ne plaide pas
en faveur d'une vie amoureuse harmonieuse. L'enfant et l'adolescent
sont abandonnés aux aléas de leurs expériences, sans guide, les
parents - vus comme faisant partie d'un monde révolu (cela était
aussi pour les générations antérieures) - n'ont qu'une action
réduite sur leur progéniture (le plus souvent, ils se conforment
aux points de vue de leurs enfants pour leur paraître encore dans
le coup (not has been) et espère ainsi
rattraper un peu de l'écart qu'ils constatent).
Ainsi, de nos
jours, les adolescents envisage plutôt leur vie amoureuse comme une
succession de rencontres. Certains, constatent que le temps n'est
plus à des relations hétérosexuelles qui sont critiquées sur
Internet comme faisant partie de l'ancienne société patriarcale
qu'il s'agit de déconstruire. Il ne leur est plus
question d'afficher le genre qui leur a été donné à la naissance,
celui de leur sexe biologique, il leur faut rechercher celui qui
correspond à leur vrai (?) nature. Mais
comment s'effectue cette recherche ? Qu'est-ce qui les guide ? La
démarche est intellectuelle et fantasmatique. Elle fait appel à
l'imagination. Celle-ci est souvent induite par des opinions
figurant sur les réseaux sociaux ou copie des idées affirmées par
des psys qui se veulent progressistes. Or, le progrès envisagé n'est
pas le résultat de l'expérience mais comporte une composante
d'amélioration (qui est le credo des progressistes) qui font
craindre également les pires conséquences. Il n'en demeure pas
moins que quelle que soit l'évolution dans cette direction ou en
réaction, cette orientation risque de laisser des traces comparables
à celles provenant d'une éducation traditionnelle qu'elle prétend
réformer. Rien ne vaut l'observation de soi-même provenant d'un
constat bien analysé exempt d'influence et sachant voir les
avantages et les limites. En ce sens, nous conviendrons qu'une
posture égoïste visant à détourner le sens de la vie doit être
proscrite, même si elle fait partie du projet progressiste de
certains. Il faut savoir accepter les contraintes liées à ses choix
car, contrairement aux revendications que nous qualifierons de
post-moderne, le plaisir a son pendant et c'est heureux si nous ne
voulons pas tomber dans un cercle vicieux. Questionnons nous
également sur les effets inconscients issus de cette théorie du
genre. Il agit sur la remise en cause de la relation du lien entre
physique et mental. Elle sème le doute sur le lien entre le
biologique et nos affects. Elle déstabilise. Les impressions n'ont
plus de repère. Elles s'accrochent à des phantasmes où tout est
possible et où l'illusion d'une liberté opère de manière
vertigineuse. L'immaturité des jeunes n'y a pas d'emprise.
Nous
sommes à la recherche de l'amour authentique. Pour y parvenir, il
nous est nécessaire de recenser ce qui n'en fait pas partie.
Une
rencontre amoureuse et l'envie d'entrer dans une relation que l'on
souhaite durable peut s'établir de plusieurs manières.
Nous
pouvons aimer pour diverses raisons : parce que nous sommes attirés
par la personnalité d'une femme ou d'un homme, par sa beauté, par
ses charmes ; toutefois, il ne s'agit là que d'une manière de
flatter notre ego ; c'est l'amour de l'esthétique.
D'autres ont
besoin de séduire, pour se croire aimés. Mais ce genre d'amour
n'est pas naturel. La séduction est une tromperie, elle fabrique la
relation amoureuse. Certes, le séducteur est lui même attiré par
celui ou celle qu'il veut séduire, mais cette autre personne ne
l'est pas car sinon, point besoin de séduction. C'est donc une
relation amoureuse qui se construit de manière unilatérale, celui
qui est séduit est, en quelque sorte, hypnotisé. Dans cette
relation, il repousse dans ses derniers retranchements l'idée d'un
amour partagé, qui pourrait s'installer naturellement, car celle-ci
lui apparaît fade comparativement à une relation fondée sur la
séduction. En effet, séduire, c'est donner de l'importance à
l'autre, c'est encore une manière de flatter l’ego de la personne
convoitée.
Ce
genre d'amour provient d'un sentiment de manque ; on
cherche à s'approprier une personnalité différente de la sienne
comme un complément.
Le
véritable amour c'est se retrouver en l'autre, en sentiments.
C'est
cet aspect, la manière dont s'expriment les sentiments, qui fait que
toute personne ne nous convient pas, et qu'en fait, parmi toutes les
rencontres que nous faisons, il y peu de personnes avec qui une
relation amoureuse authentique s'avère possible.
Aimer, c'est
rendre l'autre heureux, c'est donner sans attendre en retour. Ce
n'est pas combler des manques.
Être
aimé, c'est recevoir ce que l'autre peut vous donner, ce n'est pas
prendre à l'autre ni attendre de l'autre.
Jadis,
chez les adolescents qui n'étaient pas trop sous influence,
l'émergence du sentiment amoureux avait souvent quelque
chose de pur. Au début, ils faisaient abstraction de la sexualité
pour se concentrer sur le sentiment. Ils n'envisageaient pas l'autre
dans sa globalité. Pourtant, ces sentiments premiers, même s'ils
recherchent dans l'imaginaire leur possible réalisation, sont une
source dans laquelle nous pouvons puiser toute notre vie.
Aussi,
lorsque l'adolescent se trouve confronté avec la réalité sexuelle,
ces sentiments sont souvent dévalorisés, ils se colorent de
matérialité, se transforment pour être conformes à leur
environnement social.
Origine
du sentiment amoureux :
Les
rencontres naturelles sont plutôt l'apanage de la jeunesse. Lorsque
l'âge augmente, l'impression que les possibilités de telles
rencontres s'amenuise du fait que nombre de couples sont déjà
constitués.
C'est
souvent à la suite de déceptions, de préjugés, d'impatience ou de
lassitude que la croyance en une personne destinée fait place à la
recherche. Celle-ci s'empare alors de modèles (images de personnes
qu'ils ont croisées) et des fantasmes qui lui sont associés.
Parfois ces modèles ont les qualités qui
protégeraient l'individu de ses propres craintes.
La
rencontre :
:
Rencontrer
celle ou celui avec qui partager sa vie amoureuse exige un certain
état d'esprit.
Notre
époque incite à la rencontre. C'est lucratif pour ceux qui prônent
ce mode de relation amoureuse à travers des sites spécialisés mais
c'est nier la notion de personne "destinée" à
l'autre. C'est refuser que la passivité soit le
comportement adéquat pour recevoir cette personne.
Je
m'explique : notre société ne jure que par l'action. Tout s'obtient
de cette manière. Si vous êtes inactif, contemplatif, que vous
n'êtes pas productif, vous êtes considère comme inutile. Il en est
de même pour tous les domaines de notre existence, y compris pour
nos sentiments.
Dès
que notre cœur est éveillé aux sentiments amoureux, nous n'avons
de cesse que de rechercher celui ou celle qui nous conviendrait -
c'est le stade prince(sse) charmant(e) -. Nous craignons de passer à
côté de cette personne. Alors, nous faisons notre marché
amoureux. Nous établissons un portrait robot des
qualités recherchées. Si d'aventure, se présente quelqu'un(e) que
l'on a pas choisi, et que nous ressentions quelque chose
pour lui (elle), nous passons au crible toutes les raisons qui nous
ont écartées de notre objectif, notre modèle. Ou bien, à
l'opposé, nous nous laissons envahir par les sentiments amoureux
quelles que soient les personnes qui se présentent à nous. Mais,
ces attitudes ne nous laissent que des regrets, car elles
participent du même principe de besoin de trouver l'amour au lieu de
le recevoir.
S'appartenir :
:
Se
donner l'un à l'autre est la concrétisation de l'amour.
Ce
sentiment n'est pas à confondre avec la possession. Se
donner n'est pas prendre. C'est un besoin, un constat.
S'appartenir provient d'un besoin de fusion, une nécessité d'avoir
avec soi, presque en soi, la personne qui permet à notre amour de
s'exprimer d'une manière permanente et constante.
Cette situation
élimine l'attitude de recherche qui caractérise le manque ou
l'incomplétude amoureux puisque les sentiments sont
comblés.
Cependant, elle nécessite certaines conditions,
notamment pour en garantir la permanence et la pérennité.
Se
donner à l'autre sans retenue - et sans remise en question de ce don
- ne peut être réalisé que sur un état de confiance absolue, qui
se caractérise par la sécurité du lien d'union. Je ne parle pas
ici de contrat ou d'engagement, qu'il soit religieux ou civil, mais
d'un lien "vécu" comme nécessaire avec l'autre et
qui sera ressenti comme un miroir de soi.
L'engagement
cache, en réalité, une peur inconsciente. Nous en reparlerons
plus loin.
Mais
il arrive que nous ressentions de l'attirance pour une (ou plusieurs)
personne croisée ou dans notre entourage. Ceci est l'occasion, non
pas de remettre en question notre relation mais d'analyser ce
qu'il y a derrière ces impressions. J'y reviendrais.
La
séparation :
Beaucoup
de couples se séparent dans de plus ou moins brefs délais.
Certains
estiment que ces séparations sont dues au fait que les couples
actuels n'ont plus les contraintes sociales auxquelles étaient
assujettis ceux du siècle dernier, que l'espérance de vie s'est
allongée et qu'il serait tendancieux de croire que l'amour était
plus pérenne par le passé.
Cependant,
si dans de nombreux cas, les sentiments initiaux s'atténuent ou même
disparaissent, ou se transforment, on ne peut affirmer que l'amour ne
soit pas durable.
Ce
qui caractérise la disparition du sentiment amoureux est sa
matérialisation.
Au départ, l'état amoureux donne le
sentiment d'identité, qui autorise la communion des corps et des
âmes et donne l'impression de complétude. L'expression
"vivre d'amour et d'eau fraîche" indique bien que seuls
les sentiments ont de l'importance. Mais très vite, lorsque l'on
décide de vivre ensemble, les besoins essentiels nécessitent que
l'on partage son temps avec des questions (pour ne pas dire soucis)
matériels. C'est à ce moment que s'impose la nécessité de faire
passer le couple (donc l'amour) avant la matérialité, ce qui
demande un certain état d'esprit.
Dès
que ce sentiment est mis en doute, ce que les contraintes de la vie
quotidienne, les choses vécues dans le passé se chargent de faire
ressortir, une connaissance trop partielle de soi, la croyance en ce
don qu'est l'amour, est, elle aussi, reconsidérée.
Ainsi,
de ce point de vue, il y a similitude entre sentiment amoureux et
religieux. Dans les deux cas, le doute provient de la matérialité :
les remises en questions s'appuient sur des considérations
matérielles ou imaginaires.
Voilà
pourquoi, il ne faut pas perdre de vue ses sentiments originels, les
vivre au quotidien, les faire croître, car ainsi, ils protègent le
couple des nuisances matérialistes.
Comment
croire que l'un ou l'autre des amants ait le pourvoir de générer ce
don par lui-même comme s'il possédait en lui les clés et les
serrures qui correspondent ?
Vivre
en couple :
Former
un couple et vivre en couple n'est pas la même chose.
Dans
les cas extrêmes, former un couple se
traduit par l'union des âmes avec recherche de partage des mêmes
points de vue pour ne former qu'un, chacun s'enrichissant des
qualités que l'autre possède et qu'il n'a pas.
A
l'inverse, nous observons souvent des couple ou chaque partenaire
veut transformer l'autre, le rendre identique à lui-même.
L'important,
ce sont les sentiments : vivre d'amour et d'eau fraîche ;
L'esprit de bohème traduit bien cette relation. Les biens matériels,
la carrière n'ont pas d'importance ; ils sont plutôt ressentis
comme de possibles sources de perturbation.
Mais ce n’est pas
parce que l’on est amoureux que l’on a atteint ce but.
Car
but, il y a.
Là
est la difficulté car, d’une part, être arrivés peut
être ressenti comme une réussite et, si l’on y prend garde,
générer l’impression d’être devenu inutile (par le fait
d'avoir atteint le but) alors qu’il s’agit de profiter de
l’acquis, et, d’autre part, que l’on a peut-être pas
atteint l’ultime alors que celui-ci correspond au
couple que nous avons crée, tout doute doit disparaître.
Vivre en
couple représente partage pratique, organisation et mode de
vie. Le mariage correspond à cette formule. Le couple acquiert le
statut de mari et de femme. Où sont les sentiments dans la notion de
statut ? Le couple est ici identifié en tant que gérant une
affaire, celle du ménage qu'il forme. S'y ajoutera ensuite les
enfants qui naîtront. Nous sommes en présence d'une structure
(la famille) et c'est bien ainsi que l’État le veut.
Bien
évidemment, la réalité se situe entre les deux avec pourtant
souvent une évolution du premier vers le second : avec le
temps, le couple s'est « construit », a acquis des
biens et de la famille et sa remise en cause est vécue comme source
de souffrance.
Souvent,
la séparation se réalise lorsque d'un côté, une compensation
permet d’affronter le changement (rencontre d'un ou d'une autre).
La
liberté est une condition nécessaire à la réalisation d'un
amour infini.
Il
ne s'agit pas de la liberté des partenaires l'un vis à vis de
l'autre comme il est souvent revendiqué en tant que gage de
durabilité. Il n'est nullement besoin de cette liberté comme
soupape à une pression de la vie en commun car celle-ci est
recherchée et constitue le fondement du couple.
La
liberté dont il est question correspond à l'indépendance face aux
obligations et aux prescriptions sociétale. A première vue, ceci
peut paraître une évidence, chacun estimant avoir choisi son mode
de vie, la manière de gérer ses relations. Mais, à y regarder de
plus près, et en cherchant à être le plus objectif possible, nous
ne pouvons que constater que notre vie est organisée selon les
règles et les normes en vigueur.
L'on
peut penser qu'il est exagéré de croire que cette liberté est une
condition pour garantir la durabilité du couple. Mais, que recherche
chaque partenaire lorsqu'il exprime le besoin de se sentir libre face
à l'autre ?
Lorsque
le couple s’établit à partir de personnes foncièrement libres,
le besoin de « respirer » n’existe pas.
Revenons
sur cette notion de liberté.
Se
sentir libre, c’est être en mesure d’avancer ses points de vue
sans se laisser influencer. Réfléchissez y et soyez attentif à ce
qui vous est affirmé. Ainsi, vous échapperez aux évolutions
néfastes, aux nouveaux comportements qui ne sont que des dérives
comme par exemple la théorie des genres. Vous ne douterez plus de
vous.
Voyons
à présent, comment le couple évolue.
Un
couple de trente ans envisage son avenir avec d'autres contraintes et
selon d'autres objectifs qu'un couple âgé. Ainsi, interviennent
dans ces considérations les motivations individuelles de chaque
partenaire, la manière dont ils ont mis leurs prétentions en commun
sans omettre la connaissance qu'ils ont des aléas de l'existence ou,
plus simplement, de leur évolution probable.
Bien
sûr, s'il n'est pas possible d'envisager le cours de sa vie, il est
cependant possible, lorsque les deux partenaires ont appris à se
connaître, de percevoir un chemin de vie pour le couple.
La vie
en société est sans doute celle qui génère pour le couple le plus
de contraintes.
Le
parcours professionnel, notamment, peut être une source de
divergence.
Apparaît alors, plus ou moins consciemment,
une hiérarchisation des buts : quelle place
accorder à la relation amoureuse, à l'expression de nos qualités
personnelles (art, travail,...) ?
Certains
pensent que, comme le couple s'est créé après l'individu,
celui-ci est l'élément de base sans lequel le couple ne peut
exister, alors que, pour eux, le couple est changeable,
c'est donc les qualités personnelles qu'ils placent en tête de
liste.
Ainsi,
l'on n'hésite pas à rompre pour des raisons personnelles, même si
celles-ci sont éloignées de l'expression de sa propre personnalité,
ce qui ne donnera que des regrets.
Il
faut donc être attentif à bien comprendre ce que requiert l'amour.
En tout premier lieu, il s'agit de bien localiser son espace
de vie. Contrairement à notre vie rationnelle, les
sentiments amoureux évoluent et se développent dans un autre
espace, généralement qualifié d'irrationnel. Il est donc
fort important de voyager dans cet espace pour
apprendre à le connaître et mesurer son importance et ses besoins.
Mais encore faut-il y accéder.
Le
domaine des arts en est un moyen (la musique par exemple).
Après
la rencontre et la découverte des sentiments respectifs, apparaît
l'idée de vouloir vivre en couple.
Au
fil du temps, les partenaires apprennent à se connaître et, afin de
pouvoir réaliser leur couple, vont devoir se confronter à leurs
différences.
Celles-ci sont inhérentes à leurs origines,
leur vécu, le milieu dans lequel ils ont évolué...
Comme
nous l'avons vu, il y a une différence entre la vie en couple et le
couple. La vie en couple peut tolérer une assez importante disparité
de personnalité, de façon de vivre, de conceptions idéologiques
alors que le couple trouve son sens dans la ressemblance et le
partage.
Le
couple se justifie au nom de l'amour. Or, ce qui peut apparaître
comme étant de l'amour n'est parfois que du désir. Le doute
prend alors le pas sur l'amour et l'idée de couple disparaît pour,
au mieux, laisser place à la vie en couple.
Lorsque
le couple se construit, la recherche de l'accord peut entraîner des
échanges d'opinions et parfois, évoluer en conflit. Donc, il
est bon de comprendre ce qui se passe lors d'un conflit.
Conflits
conjugaux :
Parallèlement,
l’amour « idéal » est parfois remplacé par une
implication dans le milieu professionnel qui ne laisse pas assez de
temps pour une relation amoureuse. La sexualité peut être alors
revue sous la forme de rencontres sans lendemain.
Certains
se disent qu’avec le temps, ils ont fait le tour de
leur relation, qu’ils n’en attendent plus rien. Nous verrons à
quoi cela est du.
Dans
d'autres cas, le célibat peut apparaître comme une prévention
contre les risques de conflits dans les couples. Certains,
influencés par des modes de vie à la marge, s'orienteront vers des
comportements amoureux différents.
Notons
à ce sujet, l’influence que peut avoir la théorie des
genres ainsi que celui des mouvements LGBTQIA+.
Mais ces prises de
position, sur fond de réflexion intellectuelle, ne sont-elles pas un
déni des besoins affectifs que chaque individu ressent au fond de
lui ?
Le
couple (dit hétérosexuel par opposition) ne fait-il pas partie de
la nature intrinsèque de l'individu (celui-ci n'a-t-il pas comme
objectif naturel de procréer) ?
Nous
détaillerons ceci dans la suite de notre exposé.
Il nous faudra
également nous intéresser à certaines modifications présentées
comme des évolutions de la manière de vivre. Nous ne manquerons pas
à cette occasion de faire ressortir leur origine et de montrer les
transformations qu'elles impliquent.
L'émergence du sentiment
amoureux peut être assimilée à une croyance religieuse : vécue
comme un don.
Or,
pour certains, c'est une recherche. Dans ce cas, il convient de
s'assurer que cette démarche a du sens. Selon quels critères
s'effectue cette recherche et quels en sont les motifs ?
Il
est d'abord question du choix du partenaire. Ce qui le détermine
provient des influences objectives mais également de celles
demeurant inconscientes. Parmi ces dernières, on peut noter les
figures issues de l'enfance et les phantasmes. Nous exposerons ce que
nous avons compris de la manière dont est influencé la conscience.
Pour
l'instant, faisons un détour pour évoquer l'influence que pourrait
avoir le couple sur la société.
Nous
constatons que les couples vont mal notamment car ils vivent sous
l'influence de la société. Aussi est-il nécessaire d'inverser
le processus. De cette manière, le couple qui s'entend deviendrait
une référence pour la société.
Actuellement,
l'organisation sociale la moins mauvaise est la démocratie. Les
décisions y sont prises par la majorité. Cela fait une minorité
qui subit. Nous ne pouvons imaginer une telle organisation
dans un couple car qu'il n'y a pas de majorité. Mais celui-ci endure
néanmoins les déviances de la démocratie. Selon leur vécu et leur
tempérament, et selon les sujets, il est fréquent que l'un se
laisse guider par l'autre. Si l'équilibre a lieu,
c'est un moindre mal. Ce n'est pourtant pas la panacée. Dans
d'autres cas, il est question de domination. Les femmes en sont le
plus souvent victimes, mais pas toujours.
Comme
nous l'avons dit, et aux vues des conflits sociaux, nous estimons que
l'on ne peut réformer la société qui est un regroupement
d'individu tous différents les uns des autres, formant parfois des
ensembles ayant certaines affinités en commun, si, auparavant, nous
ne découvrons la manière de faire fonctionner ces ensembles sans
utiliser la hiérarchie ni le vote.
Nous
pensons que pour y parvenir, il est primordial de comprendre comment
se créent les différents au niveau le plus élémentaire, le
couple, car, comment imaginer que l'on puisse garantir de bonnes
relations entre les individus d'une même société si l'exemple que
leur donne la plus simple expression d'une société est celui de la
mésentente ?
Notre
objectif sera de découvrir ce qui fonde l'unité du couple et ce qui
le déconstruit. Je développerai.
Revenons
au choix d'un partenaire amoureux.
Celui
qui considère les sentiments amoureux entre deux êtres comme
un don reçu se posera la question de son
origine.
Les influences conscientes sont orchestrées notamment
par les modes. Tel type de personne ayant suscité l'attention
à une époque est supplanté aujourd'hui et il en sera de même
demain.
Nous devons considérer également la notion de
séduction.
Quel
est l'origine de la relation ? Son fondement est-il sentimental,
utilitaire, sexuel, lié à la considération ou un mélange de ces
éléments ?
Quelle
part de sexualité entre dans la constitution du couple et comment se
manifeste-t-elle ?
Toutes
ces questions exigent une analyse détaillée.
La
vie nous octroie plusieurs chances de devenir ce que nous sommes
réellement.
Durant
notre enfance, nos parents et ceux qui nous entourent peuvent nous
aider à nous découvrir avant que la société nous imprime ses
exigences et son ordre doctrinaire. A l'âge adulte, nos rencontres
et surtout la personne avec qui nous partageons notre existence nous
offrent l'opportunité de corriger les dérives que la vie nous a
imposées. Plus tard, nos enfants que nous devons à notre tour aider
à se réaliser sont une occasion de nous remettre en question (c'est
ainsi que nos enfants peuvent, d'une certaine manière, devenir nos
"parents").
Comme
je l'ai dit en préliminaire, chaque partenaire du couple a
l'opportunité de rectifier son évolution. Ainsi, il y a lieu de
considérer les conflits conjugaux comme moyen d'y parvenir. Encore
faut-il en être conscient.
Cependant,
comment concevoir le rôle du conflit et comment l'interpréter ?
Dans
un conflit, lorsque celui-ci est perçu comme un rapport de force
(qui a raison, qui a tort), chaque protagoniste défend sa position
tout en tentant de montrer que l'autre se trompe, ce qui bien entendu
ne contribue qu'à vouloir asseoir la relation de couple sur le mode
hiérarchique.
Il
est possible d'examiner le conflit sous un autre angle, si l'amour
aidant, chacun des partenaires comprend que son objectif dans le
couple est d'apporter à l'autre, et de recevoir de celui-ci, une
aide pour se développer.
Que
se passe-t-il dans un conflit ?
Habituellement,
les deux partenaires :
-
craignent le jugement de l'autre, de perdre son amour qu'ils
associent à leur valeur (qualité des sentiments et tout ce qui a
participé à leur choix par l'autre) ; dans ce cas, ils se défendent
des reproches dont ils font l'objet ;
-
craignent de s'être trompés dans le choix de leur partenaire ; dans
ce cas, ils attendent un changement de la part de l'autre ;
Ces
positions sont des attitudes de retrait, qui mettent leurs
protagonistes en opposition. Les remarques que l'on peut faire à
l'autre ne sont constructives que lorsqu'elles sont formulées avec
amour et que l'autre les perçoit comme une aide pour lui-même.
Ceci
n'est possible que lorsque ces remarques apparaissent comme
étant inspirées par l'autre et non comme une
réflexion s'appuyant sur des idées que l'on se fait de l'autre.
Les
conseillers conjugaux :
Ainsi
que je l'ai évoqué, dans un couple, chacun possède un rôle actif
pour l'autre ; il l'aide à résoudre ses conflits inconscients, à
se développer, progresser et évoluer. Cette tâche n'a pas à être
confiée à une personne extérieure au couple. Autrement, cela
signifie que le couple s'est créé sur un choix matériel de
partenaire -charme, intelligence ou intérêt commun-, ce qui
explique le même besoin d'une intervention matérielle, le
psychologue.
Séparation,
divorce :
Comme
dans le domaine de la psychanalyse, le conseiller conjugal représente
pour les époux, le personnage qui possède la clé de leur conflit
et sa solution. En supposant que le couple se retrouve,
il représente aussi celui qui détient le pouvoir sur le couple, ce
dernier, infantile, n'étant pas en mesure de maintenir seul son lien
amoureux. Dans le cas contraire, il pourra servir de responsable de
la rupture, ce qui n'est pas non plus une attitude profitable aux
partenaires conjugaux.
L'état
des lieux de ce qui attend les couples qui souhaitent divorcer n'est
pas brillant. Il ne me parait pas abusif de dire qu'il est pitoyable.
En
France, le système dans lequel le couple amené à divorcer
est obligatoirement entraîné est des plus
désagréable, même dans le cas où les partenaires sont d'accords.
Le
couple divorçant doit se présenter devant la justice, avec toute la
coloration judiciaire que cela implique. La question de l'entente (ou
plutôt de la mésentente) est assimilé à une attitude
délinquante.
C'est le contrat qui est en cause,
celui qu'ont souscrit les époux devant le maire. Ce contrat, créé
à une autre époque, lorsque les couples vivaient toute leur vie
ensemble, demeure inchangé sur le principe, même si quelques
éléments de fond ont été revus. Il a été établi pour garantir
la pérennité de la famille et assure la continuité de vie par la
procréation protégée. C'est l'ordre social qui est visé.
A
l'origine, le mariage était un acte religieux. Or, de nos jours, si
l'on observe que les motivations individuelles justifient le mariage,
les obligations contractuelles sont souvent prises à la
légère chez les jeunes car celles-ci n'ont que peu d'influence sur
la situation des deux partenaires au moment de leur engagement.
Elle évolueront par la suite mais les époux n'en ont pas
conscience, et c'est en ce sens que le mariage et son contrat civil
est une duperie.
Pourtant,
ce qui motive les individus à contracter un mariage
est avant tout et au delà du désir de vivre ensemble, qui ne
nécessite pas de passer devant monsieur le maire, la manière
d'afficher une relation que l'on voudrait durable.
C'est
cette même idée que présentent depuis toujours les églises et les
différentes religions. Ainsi, ceux qui se marient civilement, le
font dans ce même état d'esprit.
Mais
il s'agit, dans ces deux cas -mariage civil et religieux- d'un
engagement qu'on est jamais sûr de tenir. Du point de vue
religieux, le couple est sensé recevoir la bénédiction de Dieu, ce
qui est déjà, pour celui qui croit, une aide pour maintenir le
couple lors des difficultés.
Dans
certains cas, lorsque la relation à Dieu est vécue hors de la
religion, ce n'est plus une bénédiction sur un choix,
mais la conviction que l'aimé(e) vous est destiné(e) et que le
couple a été proposé par Dieu. Ici, plus de
contrat, mais une certitude qu'il s'agit de protéger face au
nihilisme sociétal. Le divorce n'est donc pas envisageable puisque
celui-ci relève d'une erreur de choix (c'est ce qui
est invoqué, d'une manière plus ou moins explicite), ce qui ne peut
être le cas ici. Les questions pratiques sont envisagées par les
deux partenaires au moment où se présentent des modifications dans
leur mode de vie.
Revenons
au divorce.
Les
époux sont renvoyés devant un juge qui a déjà son idée (qui
s'est établie par son vécu des autres affaire et qu'il a besoin de
généraliser, les couples répétant selon lui un scénario très
proche, écoutera surtout que les plaidoiries de leurs avocats. La
question des relations entre parents et enfants est envisagée en
termes de garde et de droit de visite. Le partage des biens est géré
par le notaire pour les biens immobiliers. Le mobilier se réparti à
l'amiable ; en réalité, quand il y a désaccord, cette question est
escamotée par le juge, les avocats et le notaire, chacun en rejetant
la responsabilité sur l'autre, si bien que celui qui quitte le
domicile conjugal a tout intérêt à emmener sa part de meubles
ainsi que ses affaires et biens personnels en partant, au risque de
plus les revoir, une fois le divorce prononcé. Ainsi, le divorce
oblige les personnes concernées à adopter des attitudes parfois
opposées à leur nature.
Des
associations se sont créées avec comme objectif l'aide aux parents
qui réclament la garde de leurs enfant ou un droit de visite plus
important.
Ces
associations donne un faux espoir à ceux qui y adhèrent car elles
ont quasiment aucun pouvoir. Souvent elle convient un avocat à
participer aux réunions, ce qui permet à ce dernier de recruter
parmi les insatisfaits de leur défendeur.
Sur
le plan financier, le divorce est devenu une source de profit pour
les avocats au détriment de ceux qui divorcent. Lorsque le nombre de
couples divorçant était faible, comme c'était le cas il y a une
cinquantaine d'années, et que la mentalité était axée sur une vie
de couple pérenne, la notion de punition était admise, surtout par
ceux qui s'obligeaient à se contraindre à une vie de couple dénuée
de sens, en conformité avec les mœurs sociales de l'époque. Mais
aujourd'hui, ce sont les lobbies de la profession d'avocat qui
refusent l'évolution vers la dé-judiciarisation du
divorce, pourtant envisagée il y a quelques années au niveau
national, craignant de voir disparaître une manne obtenue à moindre
effort. A moindre effort, car il n'y a pas de gloire à retirer de
ces plaidoiries ne justifiant pas une implication importante comme
lorsqu'il s'agit de défendre quelqu'un en correctionnelle.
De
plus, dans le combat des époux, à défaut de
considérer ces chamailleries hors du contexte
judiciaire, chacun supporte une part de tort, étant entendu que la
vie de couple consiste aussi à s'aider mutuellement à se corriger.
De ce fait, il n'est pas nécessaire d'être un grand avocat pour
régler les affaires de divorce ; quelle que soit la décision du
juge, celui qui se sera senti le plus lésé des deux n'aura qu'à
s'en prendre qu'à lui-même et son avocat saura le lui faire
ressentir. D'ailleurs, selon l'expression consacrée, on ne
peut être juge et partie, et la puissante organisation juridique
a su s'octroyer un pouvoir qu'elle refuse de se voir discuter, si
bien que le citoyen divorçant est bien mal à l'aise lorsqu'il
conteste les décisions prises à son égard.
Pourtant,
il n'y a rien de plus différent que la manière dont la juridiction
traite le divorce et la réalité de deux personnes qui appréhendent
leur séparation : les éléments à prendre en compte sont
infiniment plus nombreux et chacun d'une valeur si variable que les
décisions des tribunaux n'ont aucun sens. Aussi, il est important,
lorsque l'on se trouve confronté à cette situation, d'évacuer de
sa conscience les décisions judiciaires pour ne se référer qu'à
son point de vue, hautement plus objectif.
Mais, il y a pire : les
enfants.
Les
enfants du divorce :
Non
seulement, l'arsenal juridique se permet de décider, en se fiant à
des constats ponctuels on ne peut plus discutables, l'attribution de
la garde des enfants à l'un ou à l'autre des
parents, comme si cette question ne pouvait être envisagée d'une
autre manière, mais elle ignore, volontairement ou non, ce
qui se trame derrière cette garde, et, notamment, les manipulations
que ce mode de fonctionnement génère chez les parents. Là encore,
ceux-ci sont entraînés à agir de manière opposée à leur
véritable nature.
Bien
entendu, le système juridique s'appuie aussi sur les
instances psychologiques pour asseoir son autorité : nous sommes
entrés, comme souvent, dans un cercle vicieux, les juges se mettant
à l'abri derrière les psychologues -autorité compétente en
matière affective-, lesquels ne peuvent émettre de conclusion que
sur les bases d'un système en place depuis des décennies et fondé
sur la rupture du contrat social du mariage -requérant une autorité
pour trancher-.
Une
(La) solution consiste à déclasser le mariage, donc le contrat
correspondant, en le supprimant (également rétrospectivement) et en
le remplaçant par une déclaration de vie commune à l'instar du
pacte civil de solidarité : plus de mariage, plus de divorce.
Mais,
si l'on décidait de briser ce cercle vicieux, en sortant le divorce
du domaine juridique, et que la responsabilité de la persistance du
lien familial soit la première chose qui soit imposée aux parents
divorçant (hormis quelques cas discutables), et donc le fondement de
la question du divorce, les problèmes de garde, de droit de visite
et de pension alimentaire seraient remplacés par l'élaboration,
ensemble, avec l'aide éventuelle d'un conseiller, d'une charte sur
ce que chaque parent peut et veut apporter à ses enfants. Cette
question des enfants issus du divorce m'amène à considérer que
l'amour pérenne nous est imposé.
Sauf,
peut-être, dans le cas d'une garde alternée, la situation
psychologique des parents divorcés n'est agréable ni pour l'un, ni
pour l'autre. Celle ou celui qui a obtenu le droit de garde est en
proie à toute une série de réactions inconscientes liées à sa
situation vis-à-vis du ou des enfants. Les éléments constitutifs
de ces réactions et les réponses apportées par l'inconscient sont
les suivants :
-
un choix a été décidé par le système judiciaire, mais ce choix
s'oppose à la situation antérieure qui, elle, était naturelle :
être tous deux présents pour l'enfant. Face à cette nouvelle
situation, l'inconscient formule des explications : le mérite,
l'enfant a d'avantage besoin du parent qui a obtenu la garde que de
l'autre, etc... Il s'ensuit des manifestations issues de
l'inconscient et visant à justifier ces croyances ; par exemple,
l'impression de ne jamais en faire assez pour l'enfant, la crainte
que l'enfant mette en doute que l'autre parent est un mauvais
parent, etc...
-
l'enfant a été séparé de l'autre parent et il ne pourra plus
compter sur sa présence au quotidien. A cet état de fait,
l'inconscient du parent gardien réagira en
attendant que ce manque soit comblé, d'une manière (prendre en
charge le rôle de l'autre parent) ou d'une autre (trouver un
parent de substitution). Ces deux attitudes coûteront au
parent gardien car celles-ci sont toutes deux
artificielles.
Il
y a de multiples réactions inconscientes qu'il est impossible de de
toutes les évoquer ici car elles nécessiterait de décrire les
situations lors desquelles elles apparaissent.
La
prise de conscience de ces situations doit nous interroger sur la
question du désir d'enfant.
A
la suite d'une analyse, nous ne pouvons ignorer que ce désir prend
de nombreuses formes.
il
peut être la conséquence d'un besoin de combler certains manques,
être un choix unilatéral, une
décision raisonnée (parce que c'est dans la
continuité de la relation amoureuse...) ou justifié par tout autre
chose.
Or,
donner la vie implique des responsabilités, donc une relation
amoureuse stable et pérenne, la garantie de pouvoir assurer une
éducation qui correspond à l'enfant.
La
recherche amoureuse :
Je
vais d'abord m'intéresser à une question importante car elle
est source de croyances erronées. Il s'agit de la sexualité. Chacun
est conscient, du moins je l'espère, que les sentiments amoureux
contiennent en eux les germes de la relation sexuelle qui se
développera dans le couple. Que cette relation sexuelle soit le
prolongement des sentiments amoureux peut conduire (voire, conduit
très souvent) à penser quelle en est l'aboutissement. Ainsi,
pour certains (et sans doute beaucoup de nos jours), cet
aboutissement devient il un point de départ, notamment pour le choix
du partenaire. D'ailleurs, la question du choix, dès lors que
l'éveil amoureux initial n'a pu se concrétiser sur la personne qui
en fût l'objet, devient source d'incertitude car les sentiments
réclament à s'exprimer et il n'y a personne pour les recevoir.
S'ensuit alors une recherche de l'être pouvant convenir,
parfois un retranchement dans des rêveries romantiques dont
le résultat est rarement satisfaisant, ce qui est
compréhensible car pour cette recherche, il a été nécessaire
de réfléchir à des critères auxquels la personne
choisie ne peut correspondre que partiellement. Ainsi, l'inconscient
insatisfait n'hésite pas à faire miroiter à la conscience qui est
à sa merci, d'autres possibles. Celle-ci, affaiblie par l'influence
de notre société de consommation, envisage un mieux,
qui est en fait un différent qui ne répondra pas
aux exigences inconscientes.
Si nous comprenons bien ce qui nous
arrive, nous pouvons alors évaluer nos réelles attentes
sentimentales, apercevoir les artifices qui nous
abusent dans les rencontres que nous faisons et nous en dégager.
Parmi ceux-ci, l'attrait sur fond de sexualité, est sans doute le
plus fréquent et le plus actif.
Changer
de partenaire :
Certaines
personnes testent nombre de partenaires selon l'idée
que l'amour est multiple et que le connaître nécessite de faire
beaucoup de rencontres.
Ce
raisonnement (issu de l'imagination) ne tient pas la route : non
seulement il y aura toujours quelqu'un dont nous auront l'impression
qu'il possède quelque chose que nous ne ignorons ; ensuite se
disperser ne permet pas de découvrir la véritable personnalité de
son compagnon et le véritable amour qui peut nous unir, car, et
c'est là nous amène ces considérations, la relation amoureuse
n'existe pas à priori et nécessite une longue période pour que
l'attirance se transforme en amour authentique durable.
L'amour
et l'enfant :
:
Voici
quelques remarques sur l'arrivée d'un enfant dans le couple.
Dans
une relation amoureuse établie (stabilisée), la venue d'un enfant
est considérée comme un présent de la vie (de Dieu pour ceux qui y
croient).
Cependant,
pour certains, il peut être considéré comme perturbateur car
celui-ci ne fait pas partie du projet du couple, ou
de l'un des partenaires. Notons bien cette notion de projet,
si courante dans notre société actuelle. Rien ne peut arriver sans
qu'on ne l'ait programmé, prévu.
Cependant,
le couple, dans sa nature, inclue la probabilité de la naissance
d'un ou plusieurs enfants. On ne peut l'en dissocier. Ici encore,
l'influence sociale devra être considérée, afin de mesurer son
impact sur l'individu. La mode et les nouvelles
possibilités que permet la technologie et la médecine peuvent
donner l'illusion que tout désir peut être comblé. Ainsi,
l'individu ou le couple serait à présent détenteur d'un
pouvoir jadis exercé par la nature. Il ne se laisse plus
guider, il décide. Cette attitude a envahi tous ses actes.
Sait-il cependant où il va ?
Parfois,
l'enfant ne vient pas et le couple peut ressentir une certaine
frustration.
Ici
apparaît la question du désir d'enfant.
Cette
notion concerne surtout la femme car celle-ci
est naturellement préparée à la maternité. Le
désir d'enfant chez l'homme, quand il n'est pas décrit comme une
volonté intellectuelle, certains désirant, comme par le passé,
transmettre leur nom, leur héritage ou leur métier, est souvent
inconsciemment une imitation du ressenti féminin. Il est
induit par sa compagne et est ressenti comme partagé. L'enfant est
pour lui (plus ou moins consciemment), le prolongement de
l'amour qu'il a pour sa femme. Dans certains cas, l'enfant devient un
cadeau de celle-ci, et il se l'approprie.
Lorsque
l'enfant n’apparaît pas, pour des raisons pathologiques, le désir
se manifeste, engendré par la frustration. Il peut devenir alors une
vraie souffrance qu'il s'agit de calmer par tous les
moyens.
S'engagent alors des combats dans diverses directions dans
le but de trouver une solution à l'infertilité.
Lorsqu'il
n'y en a pas, l'adoption devient la solution. Qu'en dire ?
Du
point de vue humain, c'est pour les parents un acte d'amour et de
dévouement (de courage aussi : on sait le parcours du
combattant que cela impose). Ils apportent aux enfants une vraie
famille et sans doute bien plus d'amour que la plupart des couples
ayant enfanté naturellement, d'autant qu'ils seront confrontés au
questionnement de l'enfant adopté sur son origine et les raisons de
son abandon.
J'attire
ici l'attention sur un point important : l'enfant adopté est la
plupart du temps considéré comme remplaçant l'enfant que l'on ne
peut avoir. Mais de quelle manière ?
Il
n'est pas celui que l'amour a donné au couple par l'intermédiaire
de l'acte sexuel. Le couple ne peut affirmer : c'est notre
enfant. Le rôle du couple est (légalement) de suppléer au
parents défaillants.
L'adoption :
:
Socialement,
l'adoption fait du couple adoptant les parents de l'enfant adopté.
Cette décision légale conforte le couple (ou la
femme) qu'elle a déjoué l'action de la nature. Or
cette attitude de la mère adoptive ou des parents adoptifs est
sujette à conflits inconscient dont les répercutions peuvent être
terribles. Aussi, mais malheureusement cela n'est pas évoqué par
les psychologues lors de la procédure d'adoption, il convient que
les futurs parents adoptifs aient bien fait leur deuil de leur
maternité et paternité. Ils doivent avoir à l'esprit que l'enfant
adopté n'est pas le leur, que celui-ci a des parents qui n'ont pas
souhaité assumer (assurer) leur rôle pour des raisons que nous
sommes incapables de comprendre. S'ensuit alors la pleine
reconnaissance du rôle de parents adoptifs comme éducateur avec
tout l'affection et l'amour que cela comporte. L'enfant adopté peut
ainsi réfléchir à sa situation d'une manière plus lucide, n'ayant
crainte de se mettre en péril s'il ressent inconsciemment le désir
de placer l'amour de ses vrais parents devant celui qu'il ressent
pour ses parents adoptifs. Une fois ces désirs devenus conscients et
compris par les parents adoptifs, les relations non ambiguës,
harmonieuses peuvent alors se développer.
Pourtant,
la science aidant ainsi que l'évolution des moyens de communication,
un nouveau moyen d'avoir des enfants pour un couple stérile est la
gestation pour autrui.
Cette
conception est totalement irresponsable : elle ne tient pas
compte de l'enfant. Celui-ci se développe dans un corps qui nie le
lien qui l'unit à lui. Il ressent donc un rejet qui restera gravé
en lui durant toute sa vie et générera un traumatisme très
puissant. Les parents, quant à eux, adoptent l'attitude la plus
égoïste possible. En ce qui concerne la mère porteuse, qui souvent
s'en défend en invoquant sa générosité et sa charité, comment ne
pas évoquer que celle-ci n'agit que par profit.
Les
autres moyens :
La
question devient encore plus grave pour l'enfant lorsque la GPA est
utilisée par un couple homosexuel masculin : ici, non seulement,
l'enfant ne bénéficie pas d'une grossesse accueillante, mais, en
plus, il se retrouve élevé dans un contexte complètement opposé à
ce que la nature lui montre. Les défenseurs de cette formule
prétendent que les enfants élevés par des couples homosexuels ne
présentent pas plus de problèmes que d'autres. C'est sans compter
sur la faculté d'adaptation et le refoulement qui modifie la nature
profonde de l'enfant. Mais ceci ne peut être observé par les moyens
conventionnels, les difficultés qu'ils pourraient éprouver étant
possiblement attribuables à de nombreuses autres causes. Nous
pouvons seulement supposer qu'un enfant élevé par un couple
homosexuel face à ceux qui ont un père et une mère se poseront des
questions sur les raisons de son origine. La réponse reposera
entièrement sur la décision qu'on prit ses parents et
qui pourrait bien ne pas le satisfaire.
La
procréation médicalement assistée a été autorisée pour les
couples homosexuels et les femmes qui désirent avoir un enfant
seules. J'ai déjà évoqué le cas des couples homosexuels dans le
précédent paragraphe. Pour ce qui est des femmes hétérosexuelles
désirant faire un enfant seule, existe la possibilité de
procréer avec un homme lors d'une rencontre sans lendemain.
Du point de vue de l'enfant, cette solution lui garanti d'avoir été
lors d'un acte d'amour (sans préjuger de la qualité de cet amour)
par un père biologique. Il n'en est pas de même dans le cas d'une
PMA. Ici, du point de vue de l'enfant, nous rejoignons ce qui a été
dit pus haut. Sans porter du jugement comme cela a été le cas lors
des débats sur la loi encadrant cette mesure, c'est à dire sans
accorder de valeur à un quelconque aspect égoïste de la démarche,
ni même sur les difficultés d'élever seule un enfant, ce qui est
l'apanage de certaines séparation ainsi que du veuvage, nous nous
poserons la question des raisons qui incitent de telles femmes à
procéder le la sorte.
Serait-ce
les difficultés qu'elles éprouvent à vivre en couple, de la
misandrie, le mal qu'elles ont à rentrer un homme qui leur plaît ?
Chacune de ces raisons peut, semble-t-il trouver une solution par le
biais d'une thérapie. Certaines préfèrent choisir une
solution directe et éviter de se remettre en
question. La société technocratique pousse à agir dans ce sens.
Homosexualité :
:
Beaucoup
de points de vue et de théories ont été développées sur ce
sujet. Certains considèrent qu'elle serait un autre forme normale de
sexualité, la nature ayant donné à certains une orientation
sexuelle différente (il s'agirait d'une orientation incluse dans les
gênes). D'autres y voient des influences psychologiques.
Au
niveau de l'amour, il est évident que l'affectivité existe et s'est
simplement transposée vers une personne de même sexe, mais il
manque la possibilité d'engendrer.
Il
se peut même que, comparativement à l'amour vécu entre deux
personnes hétérosexuelles, ce type de relation amoureuse
apparaissent à ceux (celles) qui le vivent comme supérieur, du fait
d'être beaucoup moins commun, ce qui ajoute pour eux à
l'avantage de cette relation. En allant plus loin, on pourrait penser
que ce type d'amour, considéré comme supérieur, serait
plus stable et craindrait moins l'usure du temps. Cependant,
compte tenu qu'il interdit la possibilité de procréation de
façon naturelle, l'amour est parfois vécu comme
incomplet, ce qui (voir paragraphe précédent), peut conduire à des
revendications dénuées de sens.
Afin
de valoriser leur relation, les homosexuels ont depuis quelques
décennies, revendiqué certains droits, jusqu'alors réservés aux
couples hétérosexuels, et ont obtenu gain de cause. Sans préjuger
de la valeur de ces droits, on ne peut nier que, à l'image du
racisme, la mise en exergue de l'homophobie y soit pour quelque
chose.
Cependant,
alors que les adultes établis dans une relation hétérosexuelle ne
génèrent aucun sujet de questionnement pour les enfants qui la
perçoivent comme naturelle car à l'origine de leur existence, les
couples homosexuels, quant à eux, questionnent les enfants et les
intriguent ; ils se demandent ce qu'il en est pour eux.
Face
à l'attitude dite du "coming out" certaines
personnes qui ont tendance à écouter ce qui se dit dans les médias,
n'hésitent pas à tenter l'expérience de l'homosexualité. Y
trouvent-elles les réponses à leur questionnement ?
Quelles
conséquences ?
Si
l'expérience a plu, il est difficile d'en connaître les raisons et
de savoir si elles sont authentiques. Néanmoins, le retour en
arrière demande un travail particulier car la virginité dans
ce domaine est perdu à tout jamais.
Pour
se connaître, puisque c'est de cela qu'il s'agit, il est donc
préférable d'analyser ses ressentis plutôt que de fonctionner par
essai.
Alors que l'affectivité entre deux personnes de
sexe opposé reflète une découverte d'une nature différente de soi
(la féminité pour l'homme et la masculinité pour la femme), dans
l'homosexualité, même si cette recherche existe (l'homme féminisé
pour son compagnon), la découverte est incomplète car la féminité
ne peut être aussi développée et exprimée que celle d'une femme.
Sur le plan sexuel aussi, le coït est détourné car impossible de
la manière dont il l'est dans le cas de l'hétérosexualité.
Étant
donné que l'origine biologique de l'homosexualité n'est pas
démontrée, chaque cas doit être examiné individuellement, par
celui qui est concerné, à la lumière de son vécu. C'est une
tâche bien ardue quand on sait que l'inconscient ne laisse pas
facilement démonter les protections qu'il a érigé, mais de toute
évidence chaque cas a ses particularités et on ne saurait faire une
généralité.
Amour
et sexualité :
Lorsqu'il
y a amour, la sexualité en découle.
La
sexualité peut aussi s'exprimer sans affection.
Examinons
la nature de ces deux concepts :
L'amour
est un sentiment qui vient de l'intérieur ; on peut ressentir
de l'amour comme une impression, mais on peut aussi se sentir baigner
dans l'amour (l'amour vous entoure et vous aimez tout ce que vous
faites) ; dans ce dernier cas un bien-être absolu et durable ;
La
sexualité est un besoin physique, générant du plaisir. Elle se
manifeste généralement par une stimulation venant de l'extérieur.
En tant que génératrice de plaisir, elle peut être sollicitée
pour de multiples raisons qui ne sont pas en lien avec l'amour (pour
compenser un manque ou par divertissement). La sexualité ne laisse
pas l'individu en paix ; il y a des pauses mais elle finit par se
manifester à nouveau ; on peut même considérer qu'il est
soumis à son influence.
Si
vous avez assez de recul pour avoir une vision sereine de la société,
vous constaterez combien celle-ci éprouve une honte pour tout ce qui
concerne la sexualité. Pourtant, depuis un demi siècle, les mœurs
semblent s'être libérés. D'apparence, les médias, le cinéma et
la télévision, la littérature également en parle de manière
"décontractée", s'en amuse parfois, en évoque
toutes les facettes, toutes les dérives et les exagérations, d'une
manière exempte de gène. Mais c'est là un signe que la sexualité
est toujours ressentie comme quelque chose d'à part. La
sexualité n'est pas sortie de l'influence que la religion lui a
imposée ou bien, elle en est sortie à la manière dont on sort
d'une éducation trop sévère, c'est à dire en réaction contre
elle.
Ce
faisant, elle n'est toujours pas elle-même. Elle est devenue source
de provocation, de compétition, d'expériences,
d'exemples. Mais, pour un couple qui sait s'extraire de cette
influence sociale et rechercher une sexualité authentique, l'amour
sincère et profond engendre une sexualité naturelle et dépourvue
de honte.
Lorsque
l'on se réfère à ce qu'en disent les spécialistes (psychologues,
psychiatres), l'on constate que la sexualité est envisagée pour
elle même, et avec une certaine tolérance vis à
vis de son mode d'expression.
Dans
la vie de tous les jours, nous pouvons constater que la référence
sexuelle est présente dans de nombreux domaines. De nombreuses
personnes en font le point de départ de leur relation amoureuse.
Mais faut-il encore parler d'amour lorsque le but est la recherche de
plaisir. Ainsi, lorsque le contact physique donne des résultats
agréables, l'attachement est alors envisagé et l'on parle d'amour.
Et comme l'habitude vient petit à petit atténuer le plaisir, à la
manière dont un plat consommé quotidiennement perd sa saveur du
premier jour, le besoin d'innovation prend le pas sur
les faux sentiments et pour certains, c'est la
recherche de nouvelles manières de faire l'amour et pour d'autres,
la recherche d'un nouveau partenaire.
Car
la sexualité est vue comme la recherche de plaisir nécessitant
l'excitation, préalable au désir. Ce point de vue a contaminé les
relations amoureuses. La situation est tellement ancienne qu'il est
impossible de savoir comment ce phénomène s'est établi. Nous
pouvons observer que les hommes sont attirés par
l'aspect physique souvent selon les normes du moment et que les
femmes en jouent. Ces dernières connaissent l'effet que leur
silhouette induit sur la gente masculine et par des effets
vestimentaires, une démarche ou une posture appropriée se mettent
en situation de séduire. Mais cette manière de procéder
implique que l'objectif est avant tout sexuel. Le but, ce qu'attend
l'homme, selon elle (et par voie de conséquence ou de cause, selon
lui), c'est un aboutissement au lit, comme preuve d'amour (ou plutôt
de conquête). Car la conquête valorise, en prouvant son
pouvoir de séduction. Elle ajoute à l'homme comme à la femme une
possession supplémentaire. Nous sommes toujours dans le cadre de
l'avoir.
x
x
Commentaires
Enregistrer un commentaire