Mourir

 Comprendre la mort est une nécessité si l'on veut l'appréhender sereinement compte tenu que nous devons tous mourir un jour.
L'idée que nous avons de la mort s'est construite en intégrant les impressions qui nous ont été léguées depuis l'origine des temps et que l'intelligence a modifié avec plus ou moins de succès. Selon le milieu dans lequel nous avons baigné, l'inconnue qu'est la mort nous a été transmise avec les craintes qu'elle suscite ou la garantie de "survie" dans un au-delà selon les croyances du milieu.
Certains conçoivent la mort comme la fin de tout, le corps se fige et le cerveau, le centre de notre pensée, s'arrête de fonctionner comme une machine que l'on éteindrait. Les personnes s'apparentant à l'athéisme en font partie. C'est aussi la conception d'Epicure dont l'avantage est que l'individu n'a pas à s'angoisser.

L'évolution technologique pourrait permettre de faire de l'homme un surhomme, repoussant  toujours plus loin la perspective de la mort, ce qui est inconsciemment un moyen d'éviter de l'affronter.
D'autres, s'extrayant de toute idée mécaniste, recherche un sens à la vie, y intégrant une suite lorsque la mort survient.
Les premiers considère l'évolution qui, selon Darwin, aurait favorisé, pour l'espèce humaine, l'accroissement de l'intelligence qui leur permettait d'augmenter leur chances de survie. Par la suite ou parallèlement, leur conscience s'est développée et (à l'image d'Adam dans l'ancien testament) leur a fait découvrir que leurs actions (bonnes ou mauvaises) pouvaient être un choix, ne sachant s'il n'était pas influencé. La situation actuelle de l'individu et de la société dans laquelle il vit se situerait toujours dans le processus de l'évolution (l'intelligence continuant son développement) et seulement dans celui-ci (ils ne serait pas guidé par une main divine).

Quel est le sens et le rôle de la morale dans cette attitude (la vie n'ayant pas de sens, autant ignorer la morale, sachant aussi que la mort peut intervenir à tout moment) ?

Quel est, pour l'individu, si ce n'est de manière pulsionnel à l'instar des animaux, le sens de la reproduction dont une des réponses qu'il apporte est de poursuivre son existence grâce à sa descendance ?

Pourquoi, si celle-ci n'est due qu'au hasard : un milieu favorable sur une planète idéalement située par rapport à son astre ? 

Telles sont les questions qui se posent à celui qui rejette toute influence extérieure (au sens religieux).
Les seconds, au travers de la sensibilité, explorent leurs impressions, leurs sentiments afin d'y découvrir la main mise d'un guide "surnaturel". Cette attitude pourrait être considérée comme infantile, et elle l'est dans beaucoup de cas, mais elle consiste à chercher, dans la destinée de l'humanité, un sens autre que le pouvoir de l'individu (sur les autres, notamment). Ce sentiment s'inspire d'un besoin de certitude quant au sens de la vie. Celle-ci ne peut venir de la science en perpétuelle évolution ni de la raison, car ce serait placer l'humain au centre du monde, alors que l'infinitude de l'univers nous prouve le contraire. Pour ceux qui vive ce sentiment sans chercher à se rassurer, il convient de trouver en soi le lien avec ce guide
La société est un ensemble d'individus partageant ces deux types de conviction.
Dans les deux cas, parmi ceux qui s'en réclament, il y a des attitudes honnêtes et d'autres qui par paresse ou par égoïsme se réclame d'un système de pensée ou de l'autre. La question concernant l'authenticité de la pensée est importante ; elle ne peut se résoudre à une réflexion intellectuelle qui ignore la sensibilité et s'établie sur un raisonnement dont la logique ne prend en compte que les connaissances actuelles.

L'idée que l'on se fait de la mort et de ses conséquences se construit après avoir éliminé tout ce qui fait non sens. Elle conduit à la sérénité, l'acceptation sans crainte ni regret, en confiance.


Après la mort :

La question de la survie de "l'âme" (appelons ainsi cette énergie qui est sensée guider notre vie) est un sujet intéressant qui, si on n'y prend garde, risque de déboucher sur les phantasmes le plus extrêmes dus à notre imaginaire débridé.
Comment aborder la question d'une manière réfléchie ?
L'inconscient pourrait nous y aider.
Il a attiré mon attention lors d'un rêve. J'étais assis à côté d'un ami avec lequel j'aime échanger. Nous discutions de l'évolution technologique et nous nous sommes demandés si il serait possible un jour prochain de se téléporter. L'évolution nous permet aujourd'hui de discuter et se voir à distance, il n'est donc pas déraisonnable de se demander si la téléportation ne sera pas une prochaine étape. D'ailleurs depuis toujours, l'homme a réduit les distances. Cela est nécessaire pour des questions économiques mais n'est ce pas lié également à un résidu inconscient si l'on estime que celui ci est également le réservoir de contenus prénataux ? Ainsi l'idée de pouvoir se déplacer instantanément serait suggérée par notre inconscient. D'où l'idée de téléportation.
A la question de la téléportation, dans mon rêve, je répond "impossible", notre corps ne nous le permettra jamais. En me réveillant, il m'est apparu que lorsque nous serons libéré de notre corps, à notre mort, nous le serons aussi des distances et du temps. Et si cette idée issue de mon inconscient a pu surgir, c'est que antérieurement cela a du exister !
"L'âme" serait donc une énergie libre qui, cela n'est pas la question, s'incorporerait pour une raison que l'on ignore.
Evidemment, nous sommes dans un tout autre registre que celui proposé par les religions.

Affronter la mort :

Nous ne sommes plus dans le domaine du rationnel mais celui du ressenti.
Il nous faut considérer la mort depuis le point de vue de l'individu mais aussi de celui de ses proches.
Il nous faut également considérer de quelle manière elle intervient.
Lorsque la mort intervient à la suite d'un maladie ou lorsque le corps est trop vieux, chacun (individu et proches) peut s'y préparer.
Ce n'est pas le cas lorsque la mort intervient brusquement.
Se préparer à mourir consiste à observer en soi que notre corps s'affaiblit, que nos ressources diminuent et intégrer le besoin de libérer notre corps ou plutôt notre "âme". Pour le ressentir, il est nécessaire d'en faire l'expérience passive. Cette une immersion est possible dans le cadre d'un rêve éveillé. Il est important également de faire face aux angoisses qui nous submergent dans nos imaginations.
En ce qui concerne nos proches, ceux-ci doivent se préparer à ne plus avoir notre présence. Ils doivent faire ressortir en imagination ce qu'ils pourraient ressentir et essayer d'entrevoir comment l'affronter.



Commentaires

Articles les plus consultés