Génial !

C'est génial !

Aujourd'hui, nous sommes tous géniaux !

Par crainte de la banalité, lorsqu'il s'agit d'évoquer l'importance ou l'intérêt que représente quelque chose, je constate que la plupart des gens utilisent des superlatifs.

Je me suis demandé pourquoi cette attitude s'est généralisée. Je suppose que c'est parce que l'influence est devenue couturière et que le bon sens ne fait plus partie des valeurs humanistes. Mieux vaut utiliser un langage dégradé que de se sentir différent des autres.

Ainsi pour qualifier un fait, le terme "génial" a remplacé celui de "bien".

L'échelle des valeurs est ramenée à un seul niveau, le plus haut.

Nous retrouvons la même exagération dans l'évaluation des valeurs : "hyper" et "méga" sont devenu la norme.

Les techniques électroniques et informatiques semblent en être à l'origine : on y parle d'hyper fréquence, de mégahertz, de mégaoctets... 

Voici une liste non exhaustive des termes et expressions couramment utilisés :

"Putain"

Ça va l'affaire


La grammaire a elle aussi été singulièrement attrofiée.

L'adverbe est déplacé en fin de phrase interrogative :

"Tu vas où ?" au lieu de "Où vas tu ?"

"Vous mangez quand" à la place de "Quand mangez vous ?"

C'est une certaine forme de paresse qui s'est installée dans le langage sans doute à l'instar de l'aide qui est proposée à la moindre occasion.

La facilité engendre cette paresse et réduit la précision, génère la banalisation, le commun.

Ce n'est pas une bonne chose : cela entraîne la régression.

Et donc, ne nous laissons pas tenter par la facilité.




 

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